Je m'appelle

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photo Vincent Muteau

DOSSIER DE PRESSE RICTUS


Garniouze inc. Présente RICTUS
VAGABONDAGE OCCTOSYLLABIQUE RURBAIN
D’APRES LES SOLILOQUES DU PAUVRE DE JEHAN RICTUS



Genèse du projet 
Garniouze, L’adaptateur et l’interprète du spectacle, a toujours souhaité porter un texte d’auteur n’ayant jusqu’alors porté que ses propres textes ou des co-écritures au sein de ses « Compagnies de passage » .

Ce désir de création est aussi lié à son expérience de saltimbanque métropolitain, dans la rue, le métro, les queues de cinéma, qu’il a pratiqué de longues années à ses débuts dans Paris et où il a pu côtoyer le monde de la « cloche ». Il a été également touché par l’esprit de l’écriture de Jehan Rictus et par ses formes langagières, typiques de la capitale. Ces formes ont fait le style d’une frange d’auteurs par la suite, d’Alphonse Boudard à Marcel Audiard. Pourtant l’esprit parisien a fini par laisser la place à un genre en soi, reconnu par le monde des Lettres, plus « français » au sens large que simplement parisien.

Aborder par le monologue, et donc la solitude, une nouvelle étape de son apprentissage était une autre ambition (le jeu est une expérience éternellement renouvelée). Cela, afin de rompre avec le parcours de longues expériences collectives (Okupa Mobil, Le Phun,…)

Au moment où la civilisation traverse la plus grande crise depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, où les inégalités deviennent flagrantes dans un monde globalisé, et où se répètent inlassablement depuis longtemps les mêmes outrages du système, il lui semble intéressant de confronter une écriture ancienne à une mise en scène contemporaine. Cela afin de renforcer l’acuité d’un regard sur un système en déclin, dans la rencontre d’un vieux phrasé clamé par un homme moderne.


Un texte mis en musique 
Tout au long du spectacle le texte de Jehan rictus est accompagné d’un soutien musical. Cette ambiance sonore est une création de François Boutibou composée de collecte de sons et de créations originales de François Boutibou. Ce travail sonore a été conçu comme un support au jeu du comédien, restant dans des volumes sonores bas, il vient soutenir le rythme et les intentions du texte.

A chaque spectacle le son est travaillé en live pour composer un véritable duo comédien/musicien. Ainsi François Boutibou suit le jeu et mixe les sons de sa boîte à musique.



Les créateurs et interprètes

Christophe Lafargue dit Garniouze
 Né en août 69 c’est son intrusion dans une rame de métro à l’Odéon en novembre 1989 pour une première manche qui marque ses débuts comme saltimbanque dans les Entrailles Capitales. Sûrement pas  pour payer ses études à la Sorbonne Paris 1 en DEUG Arts et communication, car elles furent  vite délaissées suite à sa découverte approfondie des Arts du Cirque et du Théâtre de rue  ( « Le Chapiteau de Cordes » d’Archaos et « La Véritable Histoire de France » du Royal de luxe furent des déclencheurs).
Après trois ans de manches et de multiples expériences, il fonde sur Toulouse en 1992 avec 6 autres collègues la Compagnie Okupa Mobil, aventure collective voire collectiviste, autour d’une recherche et d’un travail sur le Clown. La professionnalisation viendra avec « Le Cirque Mibol » en 1993, puis « le Moderne Voyage » en  1996 avec les Barbarins Fourchus qui reçoit le soutien de la DMDTS.
Pendant ces années toulousaines s’installe un contact avec « l’Usine » de l’époque, d’abord celle de Blagnac puis à Tournefeuille où le lieu recueillera sa reconnaissance. Parmi ces rencontres restera comme primordiale celle de Phéraille, avec qui il collabore depuis au sein du Phun. Ce sont « les 100 dessous » en 1996, puis «Enlèvement demandé » en 99, « « les Gûmes » en 2000. Chez Okupa Mobil, c’est encore « Mouton de campagne », un vaudeville catastrophe soutenu et emmené par Michel Dallaire et le Pole Clown du Hangar des mines d’Alès, qui enrichit son travail d’acteur. La compagnie cessera son activité en 2003, suite à des changements d’objectifs communs.
Dans le théâtre du Phun, c’est « Le Train Phantôme » en 2003, « les Trous de mémoire » en 2004. De nombreuses compositions sont nées de ces créations, se démarquant du clown pour explorer d’autres personnages, différents, complexes, poétiques ou torturés.  puis « «le Père Courage » depuis 2007 trotte à son tour dans les rues d’Europe. Il en est le Jimini Criquet et lui prête sa voix.
Depuis 10 ans il travaille également comme regard extérieur et comme metteur en scène ( Carnage Productions, Phare Ponleu Selpak, Sacécripa, …) et il intervient régulièrement pour Clowns sans frontières et Clowns d’ailleurs et d’ici .
Assez récemment il a tenté l’aventure devant la caméra où l’approche du jeu est encore différente. Il utilise également le timbre grave de sa voix pour commenter des documentaires ou faire des voice-over.
Bien sur, et par delà, en 20 ans de boutique, il a participé à de nombreuses créations fugitives, boniments de foire et larcins de toutes sortes, difficilement répertoriables mais Ô combien enrichissants. 


François Boutibou
Né en juillet 1970. Il rencontre une guitare à sept ans et ne la lâchera que momentanément, le temps de croiser sur sa route quelques amis jongleurs qui lui transmettent la passion de lancer divers objets en l’air et de les rattraper de façons aléatoires mais néanmoins drôles…
Du haut de ses 22 ans, il part vers l’école de cirque« Le Lido » à Toulouse où il rencontre ses futurs copains de jeu. Il rejoint  l’association Saltobrank et ouvre un premier lieu de travail, de vie et de système D pour mener à terme ses projets. Naitra «  Nickel Krom’ Cie » et divers spectacles de rues.
Etant le seul musicien de la troupe, il est vite sollicité pour  accompagner ses comparses et compose ses premières musiques de spectacles. Et c’est parti !!  S’ensuivront  moult  rencontres et collaborations  artistiques :
L’AGIT Théâtre : «  Le Cabaret Tchékhov  » (1995),  «  Jacques et son Maitre » (1998)
Fred Tousch et  Le Nom Du Titre : «  Oui je suis Poète » (1999),  «  Le Cabaret Meu-Meu » (2001),
 « La Foirce » (2006),  «  Le Retour Du Grand Renard Blanc » (2011)
Et de près ou pas très loin avec Cie Albemuth, les Yaourts Brothers, Les chiennes nationales,  Cie plein gaz, le Théâtre Itinérant  de la Cabane, Carnage Production, Cie Pélélé, Le Kabaret sur le coté…
Avec une guitare comme troisième main, il s’autodidactera dans bien des domaines pour parfaire ses envies : accordéon, clavier, percussions, clarinette, voix, studio et tout ce qui fait des sons…
Pour une meilleure compréhension du monde du spectacle vivant (et pour manger également), il montera des chapiteaux, fera des régies sons, lumières et bien plus encore…
Après une période live, acoustique et électrique, arrive la révolution numérique et ses possibles, s’ensuit alors de nouveaux  projets  musicaux plus libertaires… S’équipant des derniers outils de travails futuristes, un ordi quoi !! Il agrandit sa palette musicale et peint de nouveaux sons jusque là inaudibles à l’oreille du monde.
Après une vingtaine d’années de voyages, de rencontres, d’essais, de ratés, de réussites, il ne se consacre plus qu’à la composition et au jeu live, mettant sa sensibilité au service de textes et de spectacles à caractère humain !
En 2010, il recroise Garniouze, ami jongleur de longue date et ils décident de travailler ensemble sur Rictus.



Scénographie urbaine
 La forme du spectacle est à la fois fixe et mobile, le spectacle se déroulant sur plusieurs lieux d’arrêt, incluant un déplacement du public, exprimant l’errance aussi bien que cette sensation de quelqu’un qui sait très bien où il va.
L’utilisation de l’espace public dans chaque lieu de jeu fait partie intégrante de la réalisation du projet, nécessitant par avance un repérage, tant pour la partie de déplacement que les moments statiques.

Le texte et son auteur
« Rictus » est un monologue inspiré des « Soliloques du pauvre » écrit en 1897 par Gabriel Randon alias Jehan Rictus, poète social et chansonnier.
Ce texte évoque l’errance d’un vagabond dans les rues d’une ville. Il dépeint sa misère et sa grande solitude, se débattant au milieu d’un monde sans cesse en mouvement. C’est à la fois les premiers échos du rouleau compresseur qu’est l’ère industrielle et la préfiguration de celui de la bulle financière qui se dessine, laissant de côté les individus les plus démunis. Il jette un regard acide, aiguisé et réaliste sur le fonctionnement du monde, l’indifférence généralisée des hommes et l’abrutissement collectif.
Ce focus le renvoie à sa détresse comme à ses rêveries, à l’ironie de ses espoirs et de ses désespoirs.
Ce texte bien qu’écrit en 1897 est d’une intense actualité, comme si le monde en 120 ans n’avait pas bougé, comme si les questionnements de notre rapport aux autres dans les grandes villes restaient depuis toujours sans réponses, et où le rapport à la misère, à l’exclusion et à l’inégalité étaient toujours les mêmes.

Porter ce texte ancien en le confrontant à la modernité de notre temps apporte une nouvelle perception, une nouvelle écoute faite d’un décalage claudiquant. C’est l’inadéquation formelle du style écrit et de la contemporanéité du propos, interprété par un personnage d’aujourd’hui, qui donne l’impression d’un canard boiteux évoluant dans un monde marchant sur la tête.
Un texte décalé pour notre époque, et pourtant si contemporain, à moins que ce ne soit l’époque qui ne bégaye l’Histoire passée.

Site spécialisé : http://www.florilege.free.fr/jehan-rictus/




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